Poémes - Récits - Nouvelles
Nous partons demain et devons revenir avant le 1er juillet. A bientôt !
Ta vie j’aimerai la colorier.
Je peindrai ton cœur en rose,
Tu aras une vue bleu cyan,
Je peins toutes tes fenêtres
En un jaune d’ocre.
Une touche d’or,
Dans tes cheveux,
Une fleur rouge
Sur ta bouche.
Je peins ton cœur en blanc,
Et tes rêves en orange !
Elena
Elle savait que sa mère n’allait plus vivre bien longtemps, le cancer la rongeait, les médecins ne pouvaient plus rien pour elle ; ils la maintenaient en vie. Céline et son compagnon avaient décidé de se marier surtout pour la mère de Céline, elle voulait tant voir son premier petit enfant !
Céline était enceinte, elle espérait que sa mère pourra tenir encore un peu pour voir son premier petit enfant.
Pour son mariage ils avaient organisé une fête dans une salle près de la mairie, sa mère ne pouvait pas marcher, son mari la soutenait mais elle voulait assister à la noce.
Le mariage à l’église fut prévu pour plus tard, il fallait que sa mère puisse récupérer un peu, ils se mariaient à l’église pour elle car ni l’un ni l’autre n’étaient vraiment croyants.
Céline souriait, elle savait que sa mère ne la quittait pas des yeux, elle ne voulait pas non plus décevoir son père qui avait déjà tellement de mal avec son épouse, il n’était plus qu’une ombre. Elle sentit un pincement en les voyant sur le premier banc, elle savait garder son sang-froid, il le fallait car toutes les têtes étaient bien tristes, ses oncles avaient déjà des têtes d’enterrement, ils oubliaient qu’ils étaient à son mariage et non à l’enterrement de leur sœur. Le reste de la famille n’était pas bien gai non plus, heureusement qu’elle avait ses amis, elle les regarda et se sentit soutenue par eux !
Après la mairie, tout le monde se retrouva dans la salle, Céline voulait tellement oublier que sa mère était finie, il n’y avait plus d’espoir, mais elle ne pouvait pas. Elle essaya de sourire, peu d’invités ne connaissaient pas sa mère, les autres adoraient sa mère et son proche départ, sa dégradation physique les touchaient plus que le mariage de Céline.
Elle regarda du côté de sa mère, elle essayait de lui sourire, ce n’était qu’un rictus fatigué. Elle luttait depuis si longtemps et elle en avait assez mais elle lutterait encore pour voir son petit-fils ou petite-fille.
La soirée ne se prolongea pas, les parents partirent assez tôt, les invités de la famille suivirent et Céline n’avait plus aucune envie de continuer de faire semblant. Sans sa mère elle aurait continué à vivre avec son compagnon, elle ne se serait pas mariée et l’enfant serait né quand même. Le pire sera bientôt l’église, elle le faisait aussi pour sa mère, elle n’en avait aucune envie, elle se disait « Cela n’a pas d’importance »
Le jour du mariage à l’église arriva, Céline était belle avec sa robe blanche, elle vit ses oncles porter sa mère, son père était à son bras, il était blême. Elle ne savait pas s’il était blême pour elle ou pour son épouse qu’il adorait ? Elle ne voulait pas se poser de questions, ce n’était pas le moment. Elle devait se souvenir de ce qu’elle devait faire, se concentrer. Tout se déroula normalement, il n’y a pas eu de bévue, son amie Valérie lui faisait des signes discrets quand elle ne savait pas.
Elle dit « oui » Après le baiser, tout le monde sortit pour la fameuse photo. Céline voyait que sa mère avait du mal à rester debout, même soutenue, elle demanda à ce qu’on commence à les photographier ensemble, ainsi sa mère put aller s’asseoir dans la voiture pendant la séance de photos.
Céline fut heureuse quand tout fut fini, elle était contente de rentrer chez elle avec son mari, elle ne voulait plus penser au mariage ni à ses parents ni au chagrin ; elle voulait pouvoir penser un peu à eux deux, à leur avenir. Elle devait rester sereine, son bébé grandissait dans son ventre, le stress n’était pas bon pour lui, comment lui faire comprendre qu’il allait naître quand sa grand-mère allait mourir ?
Elle se rappela du mariage de sa sœur, il y a 3 ans, sa mère riait, elle était gaie, les gens autour étaient gais et sa sœur resplendissait, aujourd’hui elle sourit à peine et l’évita presque. A l’époque le charme de sa mère faisait des ravages, aujourd’hui elle était si légère que c’était impressionnant.
Céline se souvint que sa mère mit son enfant au monde alors qu’elle venait de perdre la sienne une semaine avant, elle espérait que ça ne se reproduirait pas pour elle. Pourtant elle prenait le même chemin, Céline alla se blottir dans les bras de son mari, elle avait besoin de sa tendresse. Il lui dit :
La vie et la mort sont liées, c’est naturel, pense à notre bébé ;
Je crois qu’il va bientôt bouger dit-elle.
Elena
Bouquet rouge ou bouquet blanc
Je ne sais lequel choisir ?
L’un, me parle de mariage,
De raison et d’amour sage.
L’autre, me parle de passion,
D’évasion et de voyages.
Bouquet rouge ou bouquet blanc
Il me faut pourtant choisir,
Amour sage ou illusions ?
Je vous laisse tous deux en gage,
Je pars seule, et sans bagages.
Elena
Il prit son balluchon, l’a mit sur son épaule, des yeux il fit le tour de la pièce, enfin sortit en soupirant. Il salua le cafetier qui ouvrait, continuant son chemin le regard crispé, il tourna à droite et se précipita vers le car qui arrivait, il monta et s’assit en respirant fort.
Il compte instinctivement les stations, il descendait à la cinquième, il se retrouva devant le chantier. Il dit « Bonjour » à plusieurs personnes qu’il connaissait mais refusait de s’arrêter, son visage des mauvais jours mettait une barrière entre lui et les autres.
Il descendit dans la cale, personne ne s’étonna, il travaillait sur ce bateau depuis des années, il se cala de son mieux et attendit le départ, il savait que personne ne penserait à le chercher, ils penseraient qu’il était reparti sans se faire remarquer.
Il attendit près d’une heure avant que le bateau parte, il sourit tout seul, il savait que maintenant il allait en Grèce, jamais sa femme n’irait le chercher là-bas, il avait changé de nom, de papiers et n’avait plus l’intention de subir ses jérémiades, ses pleurs, ses hystéries, il ne la supportait plus, il ne voulait plus d’elle. Il avait essayé de divorcer, étant croyante, elle avait refusé, il avait cherché depuis un an la façon de se séparer en bon terme, elle refusait tout, il lui avait proposé de lui laisser la maison, une part d’argent mais rien ne lui convenait. A bout il décida de faire ce voyage, personne n’était au courant, les enfants étaient grands mais il ne leur avait rien dit, il voulait sa liberté, il en crevait, enfin l’idée de partir sans rien dire germa en lui, il avait réussi et son visage brillait de joie.
Le bateau allait accoster, il sortit de sa cachette, alla sur le pont, le balluchon sur son épaule, personne ne le remarqua, il prit la queue avec les autres pour descendre, il prit la passerelle pour descendre, un regard le força à regarder en face de lui, il vit sa femme qui l’attendait, il faillit tomber, elle était accompagnée d’un policier. Il serra les lèvres prit un air froid et s’approcha d’eux, le policier lui demanda son nom, sans rien dire, il tendit ses faux papiers, le policier le remercia et le laissa partir. Sa femme commença à l’appeler, il se fit sourd, continuant son chemin se bouchant les oreilles mentalement.
Enfin il sortit, il soupira, personne ne le suivait, maintenant elle ne pourrait rien contre lui, il irait sur l’île
d’Ios, si elle avait le malheur de venir, il la noierait, elle ne savait pas nager ; l’idée lui plaisait, il put continuer son chemin la tête haute sa liberté il l’avait conquis, il avait
donné 20 ans de sa vie à une mégère, il voulait vivre pour lui maintenant, rien ne pourra l’en empêcher.
L’homme continua son chemin vers l’île d’Ios, il se demanda comment sa femme avait pu le retrouver, il rit brusquement « Mais c’est évident, elle fouille mes affaires et mon billet était bien étalé » Le rire se changea en colère, il se retourna pour voir s’il était seul, il ne vit rien de suspect et continua son chemin. Il arriva chez la logeuse à qui il avait demandé de lui louer une chambre pour deux mois, ensuite il verrait où il irait ; d’origine grecque il connaissait la langue et pensait demander l’hospitalité voire la nationalité.
C’est en se retournant qu’il la vit venir à lui, elle était seule, il descendit vers elle calmement :
Tu es venue pour me faire une scène ou pour me ramener de force ?
Ni l’un, ni l’autre, j’aimerai que tu penses aux enfants, les jumeaux n’ont que 18 ans et ont besoin de toi.
Il ne dit rien la regardant durement, elle se servait toujours des enfants pour obtenir ce qu’elle voulait. Il lui prit le bras calmement, et l’emmena se promener au bord de la mer.
Elle fut étonnée puis pensa qu’elle l’avait touchée en parlant des jumeaux, il faisait beau, trop chaud pour voir beaucoup de monde à cette heure. Il savait qu’elle ne savait pas nager, doucement il l’attira vers lui, l’embrassa avec un effort presque surhumain, elle se laissa faire surprise et heureuse. Lentement il s’approchait de la mer, il joua avec elle au bord de l’eau tout en l’entraînant, elle ne vit rien. Elle se rappela ses premières vacances avec lui, les jeux dans l’eau, elle savait qu’il la rattrapait toujours dès qu’elle perdait pied. Brusquement elle se sentit couler, elle l’appela de toutes ses forces, il sortit sans même se retourner ; il jeta un coup d’œil, ne vit personne et se pressa de rentrer chez la logeuse, à cette heure elle devait faire sa sieste et ne saurait pas qu’il était sorti.
Personne n’aurait l’idée de la chercher ici, il écrirait aux enfants quand il aura trouvé du travail et un logement dans une grande ville.
Il n’avait aucun remord, juste un soulagement d’être sûr d’avoir enfin trouvé la paix.
Elena
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